jeudi 25 juin 2009

Jeudi 25 juin 2009

25 06 2009

La mort d'Ophélie
dans les élegies

Je te laisse passer... C'est toi qui parle.
Je me retire un peu, comme ça, doucement, je vais vers.
Je t'écoute : je sais que tu te perds aussi...
Nous mourrons ensemble, toi, moi, Hamlet etc...

Lettres à Ophélie
de cabace carnets-livres Fabriqué à la main

Hamlet, interrogation seul, de ce que nous pouvons voir, interrogation de ce qu'est le ventre. Je suis allé sur la grève, encore une fois marcher, cela est souvent ainsi, par ici les lamentations s'échouent, quand la marée s'étend, celà peut aller loin, entendre le vent, je ne crois pas que cela m'aide.


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

mardi 23 juin 2009

Mardi 23 juin 2009

23 06 2009

Elegie

Lettres à Ophélie
de cabace carnets-livres Fabriqué à la main

Certaines choses dans Hamlet, en écriture, sont des occasions de détruire la famille. Ces liens si étranges, de haine si lente, de plaisir à distance, ce cocon où s'éveille la frustration de ne rien posséder. Nous serons arrachés à la peau, nous crions hors de la connaissance pour apprendre à mourir.
Hier, j'ai erré sur le sentier des douanes : Une barque était envasée plus bas, des laminaires mis à sécher sur les dunes, au soleil sans vent, bourdonnaient de mouches. J'ai vue des sternes piocher des éclairs dans le clapot, s'en délecter d'un coup de bec,  se chamailler à l'horizon. Le paysage était de pierre, la proie, Ophélie, sera déchiquetée entre des éclairs. Tout l'horizon est une guerre, pour le ventre des femmes.
L'étrange obsession du sexe, nous sommes là, écrivant et soudain, cela s'empare de la chair, les idées deviennent chiennes, il y a l'intensité du manque, cela survient en désordre.

Une proie, tu vois de moi, toi : l'ensablé qui cherche le non mensonge.
Je les regarde avec toi ces bateaux dans la vase
Ta mélancolie déteint sur la pluie qui veut revenir ici
Peut-être l'orage qui guette : nous tous : la proie d'éclairs d'intelligence, n'est-ce pas que c'est la tristesse qui sera déchiqueté ?
A présent que tu sais mourir, tu peux me dire encore ?
Où visons-nous pour que la lueur de l'aube ne disparaisse avant la vision d'une écriture dégagée ?
Regarde moi, sois fier :
Je n'ai plus ni père ni mère ni aucun frère aucun lien. A présent que j'ai buté Hamlet je suis libre de te consoler.
Je n'ai pas faim d'aucune vengeance je ne suis contre aucune injustice.
Peut-être vais-je vivre en paix poète après poète ?
Et si tes mots sont bien ceux qui m'ont fait vivre encore, regarde-moi : entends : je suis mille fois plus libre maintenant.


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

lundi 22 juin 2009

Lundi 22 juin 2009

22 06 2009

Elegie

Lettres à Ophélie
de cabace carnets-livres Fabriqué à la main

J'écris, Je me demande si mon texte a vraiment vocation de combattre ce que l'homme envisage de détruire. La faiblesse des mots vient de leur plaisir à être là. Au creux des phrases, nichées pour réduire l'esprit. Pouvons-nous dire, je suis vivant ou fatigué sans résumer la chair à l'orgueil d'avoir tracé cela. Hamlet, quel besoin de vengeance, de dévorer, d'être au bout de la vie, dernier survivant, détruisant la survie. Ce que je trouve dans l'écriture. Tu verras que des formes me hantent.
Je n'oublie pas que tu ne peux me lire, peut-être jamais, car quel enfant voudrait recevoir ce genre de lettres. J'ai abordé la vie, ensablé, rien ne me dégage du temps.

Rien ne nous détruit. Tout recommence à chaque fin. Je te lie...


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

dimanche 21 juin 2009

Dimanche 21 juin 2009

21 06 2009

Elegie

Lettres à Ophélie
de cabace carnets-livres Fabriqué à la main

Tu viendras peut-être un jour, récupérer mon aime à la surface des mots, et m'écrire, être dans ce qui sinue, dans l'aller-retour avec le vent. Il me semble aujourd'hui possible que tu aies des yeux, tu liras peut-être ces mots qui n'existent pas, en dehors de cette page. J'écris ainsi que la vie commence, au loin, sans comprendre dans quelle direction elle s'achemine.

Cher auteur,

Je viens ici à la surface du jour
Au solstice de la plus courte nuit
Pour attraper ton aime
Porté par les vents jusqu’à cette page
Où nous existons
Au ventre de l’été
Aujourd’hui que tout est possible
Que tout est là
Sous mes yeux
Que la vie est à nous sous les mots


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

 

samedi 20 juin 2009

Samedi 20 juin 2009

20 06 2009

Elegie


Mon cher Auteur,

Sur la grève, j’imagine
On se rend à nos erreurs
Nos humaines fantaisies nos humeurs
Sur la grève, je projette
Chaque erreur de mes nuits
Oui
Je le sais 
Je me suis perdue en route
Oui
Les salauds sur mon corps
Les déchets sur l’aurore
Me brisent
Mais
Leurs erreurs
C’est moi
J’apprends tout ça
Sur la grève, tu es là
Nous sommes faces
J’imagine
Nous
Loin des pleurs
À rire de ces horreurs


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

vendredi 19 juin 2009

Vendredi 19 juin 2009

19 06 2009

Elegie

Lettres à Ophélie
de cabace carnets-livres Fabriqué à la main

Voilà que des hommes ont de l'encre pour respirer, ils vont vers des pages vides pour remplir l'horizon, & le coeur vient à la rencontre, de ce que nous tentons de voir. Simplement s'évacuer.

Cher auteur
J'ai regarde vos mots comme à l'horizon...
L’eau fait lit pour nous
Et nos rides
Des bateaux pour nos larmes
Leurs sillons qui se croisent
Et la croûte qui palpite à la terre
La peau de nos cœurs
L’eau est le livre de nos pensées
Celles dans l’air
Vers le haut, la folie
Mais oui mais oui
Tout est changé aujourd’hui
Un corps a pris âme
Il sera une fois où les retournements du temps
Te seront contés
Loin des mythes
Près du flot de sang
Vers le cœur
Unique
Qui palpite


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

jeudi 18 juin 2009

Jeudi 18 juin 2009

18 06 2009

Elegie

Cette nuit, avant de fermer les yeux et de ranger mon corps dans les rêves, on m'écrit ça : je le reçois d'un coup...

Lettres à Ophélie
de cabace carnets-livres Fabriqué à la main

Je travaille depuis l'aube sur une adaptation d'Hamlet, c'est pour que cela t'enlève toute illusion, te donne les clefs pour dédramatiser ce que le verbe et la structure du langage, à l'image de nos méthodes de vivre, produisent de plus terrible.
Il se peut, enfant, que tu sois livrée à un ogre. Le monde, dans lequel tu jaillis, possède la psychologie nécessaire à ta souffrance. Bien sûr, tes parents t'aimeront, je n'en doute pas, mais sauront-ils te parler, sauront-ils te rendre la vie légère ? Je connais le pays dont tu hérites, cela souffre ici, la faim, le froid, ont durement marqué les esprits, la tendresse est proche de la pitié, l'alcool rend les rêves nauséeux. Ta mère, du moins, a compris qu'il fallait partir, qu'il fallait s'échapper. C'est un bon signe. Mais je crains qu'elle n'emporte dans son esprit trop de silence, et de rejet, les parents sont si maladroits avec leurs enfants, ils ont trop de choses à prouver.
Dans cette adaptation d'Hamlet, il y aura le bout du monde, c'est à dire, la limite de l'humain. L'hubris est un promontoire assailli par l'océan, où un homme a échoué après une rude tempête. Il y mourra, car sa peau est arrachée, par le sel, par le vent, par le soleil. Aucun homme ne peut survivre au soleil sans aube, ses chairs seraient rongées. Alors, pour quelle lumière vivons-nous ?

Cette nuit, avant de fermer les yeux et de ranger mon corps dans les rêves, on m'écrit ça : je le reçois d'un coup...

Je deviens folle
C’est-à-dire que je me soulève en moi
Folle vers le haut
Quelqu’un me parle
C’est d’un coup
Au milieu des élégies
C’est un coup
C’est très doux très beau très pur
C’est un goût de magie existentielle
C’est un coup de la nature
C’est fou
La folie vers le haut
Cher auteur…
Tu m’écris dans le temps qui n’existe pas
À moi dans le temps qui n’existe pas
Et pourtant
Tant
Au ciel des élégies


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

mercredi 17 juin 2009

Mercredi 17 juin 2009

17 06 2009

Elegie

Tous ceux-là qui sèment dans les rues
Là, en pleine chaleur
Et puis
OUI
Quel mélange cette chaleur / Qu'elle mélange cette chaleur
C'est peut-être ça, l'amour aujourd'hui :
L'art moderne :
Déprogrammation des genres masculin féminin




© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

mardi 16 juin 2009

Mardi 16 juin 2009

16 06 2009

Elegie

Chaud le temps
Pluie à l’extérieur
Puis
Pluie de l’intérieur
Chaleur
Soucoupe interne qui se soulève
Nous sommes en âge…
En mutation
Les saisons
Chaud
En âge
Grands
Nous sommes grands
Chaque instant
Tous
En mutation
En âge
De devenir grands…
Les saisons sur nous se passent
Nous sommes en âge
De la cinquième saison


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

samedi 13 juin 2009

Samedi 13 juin 2009

13 06 2009

Elegie

Travailler sur l’humour
Pour libérer les fonds de gorges qui coincent les cœurs
Les sentiments de peu de courage
Tous ces cœurs…
Oui
L’humour que l’on gagne en se grattant soi-même
A fond et au fond
Se gratter
Ses démangeaisons, ses croûtes d’âmes et ses glues d’esprit
S’offenser parfois de se trouver si con !
En rire.


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

Vendredi 12 juin 2009

13 06 2009
Elegie

Mais oui il revient
Toujours
Il se pointe de derrière ses nuages
Un jour ou l’autre
Il nous veille
Encore


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer

jeudi 4 juin 2009

Jeudi 4 juin 2009

04 06 2009

Elegie


Les muses, un jour se lèvent, détournent leur génie, et se tirent en nageant...


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer