vendredi 5 septembre 2008

Vendredi 5 septembre 2008

05 09 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Il pleut si fort que le promoteur s’est noyé dans une goutte d’eau qui l’a balayé d’un coup de vent jusqu’au ventre de l’océan. Gertrude sous le déluge commence à prendre froid et Claudius chante comme une grenouille alors que Polonius prend un bain. L’eau coule du ciel, et son niveau monte sous la terre… 
Ophélie, habituée à la noyade commence à trouver lassant de finir noyée à chaque fois.


Ophélie – Hamleeeet ! Hammmmmlet ! Hamlet !!! Teu !!! Merdalors !
Quand est-ce que tu viens m’chercher au fond du puit comme dans les belles histoires des livres qui finissent bien !
Ca sert à rien de se réincarner si on fait toujours les mêmes conneries !
Silence. Silence. Silence. Silence. Silence.
T’es où ? Viens ! Silence. C’est un ordre ! Silence.Je veux être délivrée !
J’ai dormi plus de cent ans !Silence. Silence. Silence.
Mais qu’est-ce qu’il fous Bon Dieu !
Silence. Silence. Silence. Silence. Silence.
Je suis seule, vraiment ?
Silence.Silence. Silence. Silence. Silence.
Toute seule au fond du puit, pestiférée aux pesticides  prête à être encore noyée ?
Je veux sortir d’ici : remonter les courants, moi…
Tant pis pour le prince j’y vais sans lui.


A suivre...

jeudi 4 septembre 2008

Jeudi 4 septembre 2008

04 09 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Il pleut sur le paradis…


A suivre ...

mercredi 3 septembre 2008

Mercredi 3 septembre 2008

03 09 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Un jour comme ça : les choses, on ne sait pas vraiment pourquoi, c’est comme ça : tout s’affole. La coupe est pleine. La goutte d’eau fait déborder la mer qui monte et qui vient engloutir un morceau de terre. C’est comme ce promoteur qui débarque un matin et qui veut couper l’arbre et les fleurs… Qui pense au revêtement du sol et à la pancarte à vendre qu’il va accrocher. Celui qui se fait traiter de tous les noms par Gertrude alors qu’elle mangeait ses pommes et toute nue comme ça qu’elle était, elle voit débarquer cet horrible costume gris qui sent le cigare bon marché…

Gertrude – Mais qu’est-ce que vous faites-là gentilhomme avec votre fumée qui sent mauvais…

Promoteur – Excusez-moi, chère Madame, mais vous êtes sur un terrain privé, et soyez gentille de vous rhabiller.

Gertrude – Je n’ai rien à me mettre que cette feuille, cher Monsieur et votre terrain prive c’est mon paradis à présent laissez-moi tranquille.

Promoteur – Rentrez chez vous ma bonne dame et couvrez-vous c’est gênant à la fin toute cette chair nue…

Gertrude – Mais baissez d’un ton, je vous prie, on ne s’adresse pas ainsi à la reine du Danemark. Un peu de respect tout de même. Je suis ici et j’y reste. J’attends mon fils, Hamlet.

Promoteur – Ecoutez ma p’tite dame, si vous n’remettez pas vos fringues et que vous n’levez pas l’camp dans l’immédiat c’est une ambulance qui se chargera des honneurs de la reine. Vous êtes seul ici ?

Gertrude – Non, mon deuxième mari est au fond du jardin avec son conseiller. Ils gardent la couronne pendant que je prends le soleil.

Promoteur – Où ça ?

Gertrude – Mais là : vous ne voyez pas ?

C'est alors qu'elle s'est mise à chanter...

Gertrude - De grâce, de grâce, Mr le promoteur, préservez cette grâce, de grâce, ne coupez pas mes fleurs...

C'est alors qu'il se mit à pleuvoir très fort.


A suivre...

mardi 2 septembre 2008

Mardi 2 septembre 2008

02 09 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Gertrude se prélasse nue contre l’arbre comme l’Eve de tous les tableaux de la conscience collective picturale…
Gertrude, juste une femme sous un pommier.

Gertrude - C’est la rentrée des classes.
Les enfants pressez-vous !
Mes citrons mes pulpeux agrumes aux pépins.
J’ai mal d’enfanter dans la douleur.
Lourds, trop lourds sont mes seins d’avoir essuyé trop de lèvres et trop de mains.
Mamelles pressées comme vous mes citrons de rentrer dans une classe au cœur de la société humaine…
Un matin tout est gris, tout change, mais profitez de l’enfance oh mes citrons…
Après la bouche et les mains sur les seins : femme tu deviens, la citronne.
Et homme tu te fais, le citron.
Dans une coupe de fruits tu construis ta lignée.
Le royaume de ta classe est sous ton règne de citron et de citronne…
Multipliés, explosés après s’être fait presser, dispatchés en mille milliards de royaumes sous trente milliard d’étiquettes accompagnés du milliardième accessoire.
Je suis une femme.
Je reçois, moi, tout ça !
Une citronne trop pressée.
LA vie, la mort, au milieu la force de l’amour.
Je suis charnelle, oh mes amours.
Au pied de l’arbre, j’attends toujours le jour.
Trahie des trahisons, traître de la matière, ma nature comme une tradition….
Blablabla… Moi je chante. Je suis musicienne chaque seconde, entendez…
Je ne pense qu’à la beauté des choses, à l’ordre qu’il faut donner aux plis de ma robe de chair…
Aimer est ma première clef.
On me tend la vie au début, on me tend des parents, une lignée, on me tend un homme, on tend mon ventre avec un oeuf, on me tend un fils, on me reprend l’homme, on me tend son frère, on me prend mon fils, on me tend, on me tend et moi je prends, je prends.
Je suis là pour ça.
C’est ma seule chance.
Je suis une femme.
J’ai de la chance.
Sous un arbre, j’attends qu’on me tende encore la vie pour continuer de porter l’éclosion.
Je suis un germe.
Encore.
Toujours.
Je suis un citron
Sous un pommier
Comme une femme
Pressée
Regardez le beau
Jouez la musique
Tendre pour aimer et faire aimer
Oui, oui
Regarder le beau pour tenter d’arranger.
Mon fils, mon père, mon époux, mon autre époux : tous dans la même veine
Mon cœur qui ne sait pas choisir
Lui il tend toujours à se remplir


A suivre...                                                                                         © Messua Wolff

lundi 18 août 2008

Samedi 30 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

En attendant l'herbe pousse...
Guildenstern et Rosencrantz qui n'ont jamais ni su jouer de musique ni se jouer d'Hamlet !


Guildenstern et Rosencrantz - Les roses attirent l'amour et attendrissent les sens de l'homme malgré leurs épines...
Nous pouvons toujours nous tendre, nous agiter sous le vent, nous ne produisons que picotement, détestation et brûlures...
Pour regagner l'amitié que nous avons trahie, la seule façon est de se laisser bouillir en soupe..
Nous faire bouffer par Hamlet pour nous libérer de nos traîtrises...
Que diable allions-nous faire dans cette galère !

Claudius leur crache dessus

Claudius - Fermez-la ! Soyez content comme je le suis de votre sort au paradis.
Végétez vos pensées en silence ou je vous pisse  à la feuille...

Guildenstern et Rosencrantz - Tu es répugnant Claudius roi de l'immonde...

Claudius - Je sais, je sais... Mais par le passé cela déjà était et sans vous déranger...

Guildenstern et Rosencrantz - On sait, on sait...
 

A suivre...

Vendredi 29 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Laerte revient des profondeurs : il court depuis le dénouement tragique, en fidèle serviteur des passions, de toutes ses forces, il court pour échapper au tragique de situation : il porte un message…

Oiseaux/prêtresses – Que fais-tu à devancer la marée chien courageux …
Vers notre île as-tu l’intention d’aborder ?

Laërte – Aidez-moi, s’il-vous plait !
Retenez l’océan qu’il ne puisse m’avaler avant que mon message ne soit transmit dans l’oreille de celle que je cherche…

Oiseaux/prêtresses – Ta cause est à causer pour nous …
Qui est celle que tu cherches ?
Et réponds aux questions !
Veux-tu aborder notre île ?

Laërte – J’aborderai où elle sera et je ne sais encore où elle se tient !

Oiseaux/prêtresse – Réponds ! Qui est cette fille ?

Laërte – Ma sœur !

Oiseaux/prêtresse – Mais chaque âme en ce monde se vautre à terre dans l’espoir de trouver sa sœur :
Tu n’es pas le seul, pauvre bâtard...
Passe ton chemin si tu ne veux pas nous fâcher :
Rejoins la rive : ne reste pas entre deux mers ainsi :
Tu gênes nos projets et fais gronder les éléments…

Laërte – Mais je dois la trouver : j’ai le plus urgent des messages à faire passer :
Je cours pour quarante mille hommes depuis la fin de la pièce à la recherche d’Ophélie :
Ecoutez-moi, je vous en prie…

Oiseaux/prêtresse – De quoi s’agit-il ? De quoi ? De quoi ?
De quoi s’agite-t-il celui-là, là ???
Quel est le message de qui vient-il et quelle noble cause est urgente à tes yeux ?

Laërte – Loin de votre île, entre des pages noircies de drame, deux cœurs vibraient à l’unisson...
Mais par les méfaits d’un cours de loucheurs aveuglés, la communication fut brouillée et la mort a suspendu la pureté d’un amour à la démence d'une cour…
Hamlet m’a chargé de quelques mots qui auraient le pouvoir de reconnecter ces cœurs égarés!
Entendez-moi : c’est un sauvetage amoureux !

Oiseaux/prêtresse – Et toi ? Et toi ? Qu’y veux-tu prendre pour toi ?
On ne court pas ainsi comme un toutou face à la mer immense pour le seul bonheur d’un couple d’amoureux !
Que déguises-tu en prêchant un tel dévouement aux autres ?
Où est ton intérêt !
Parle sans mentir si tu ne veux pas périr : nous connaissons toutes les farces des cabots de ton genre !
Ne nous fait pas boire des couleuvres éclairées par des vessies, animal à quatre pattes !

Laërte – Je suis coupable coupable coupable !
Je suis damné damné damné... J'ai perdu mon âme...
Je suis à l’origine du drame : j’ai demandé à Ophélie de le fuir :
J’ai usé mon pouvoir fraternel et ainsi creuser sa tombe et sa folie…
Je dois me racheter, la retrouver, je suis condamné à précéder le drame que j’ai semé…
Aidez-moi !

Oiseaux/prêtresses – Nous causons, mon ami : nous causons et puis nous déciderons…
En attendant écoute : "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite, le bonheur est dans le pré, cours-y vite il va filer."
A moins que ce ne soit : "le bonheur est dans le près... Non, le prêt... Dans le près, cours-y vite, dans le prêt..."
A moins qu'il faille aller tout près dans le pré : cours-y, vite !



A suivre...                                                                                            © ZUZU

Jeudi 28 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Retour au jardin. Le ver et le crapaud prisonniers d’une vieille couronne d’or trop lourde…
Ils regardent vers le pommier, verts de rage tous deux. Gertrude, bipède féminin est assoupi sous l’arbre.


Claudius – Gertrude, Getrude…

Polonius – Regarde-la, Claudius…
Pourquoi elle n’a pas le visage d’une truie ou d’une dinde ?
Que n’a-t-elle pas fait pour que son supplice lui soit aussi doux ?

Claudius – Mon cher, souvenez-vous que les femmes sont d’un éternel mystère...
Il faut avouer que son seul tort est sa nature de reine…Ah ! Gertrude !
Elle n'est pas mal foutue cette fois non plus...
Nous avons au moins le régal des yeux dans cet enfer : une jolie femme c'est mieux qu'une truie, abruti !
Il faut payer ses crimes, c'est comme ça...
Dans Hamlet, le salaud, c’est moi et moi seul.
Je n’ai pas trouvé chez elle une complice à mes crimes : chaque action était manigance à son insu. 
Ah ! Gertrude ! C’est bien dommage, mais nous ne sommes pas face à Lady Macbeth !

Polonius – Je ne savais pas.

Claudius – Quoi ?

Polonius – Que le roi, toi, était le salaud…

Claudius – Et comment expliques-tu ton pauvre corps rampant si tu ne m’avais pas soupçonné du crime de mon frère ?
Pauvre lâche… Tu ne peux donc pas t’avouer que tu es le sale con de cette histoire ?

Polonius – Il est vrai, que parfois, je me suis demandé…
Cette mort soudaine, ce mariage précipité, mais que veux-tu, je suis là pour permettre à la cour…

Claudius – Ses mensonges ! Ton hypocrisie était la reine à ma cour, imbécile.
Cette couronne nous écrase aujourd’hui ! Regardes-toi :
Ne sommes-nous pas ici pour racheter notre âme, que tu continues à grouiller dans les larves pensées les plus mesquines.
Avoue donc, vermisseau, que tu ne vaux pas bien cher…

Polonius – Il faut avouer, oui… Oui. Mais Hamlet m’a ôté la vie dans la puissance de mon âge !

Claudius – Tu t’es opposé à son amour pour ta fille, tu l’espionnais, tu complotais avec moi contre lui qui ne songeait qu’à rendre justice à la justesse…

Polonius – Mais il aurait dépucelé ma douce enfant comme le font les jeunes merdeux de son espèce et posé la honte sur mon sang !

Claudius – Tête de strongle ! Qui te dit qu’elle ne s’est pas offerte à lui ?
Ne sais-tu pas que le plus grand crime est sans doute d’empêcher Eros de suivre sa volonté ?

Polonius – Cessez, vieux crapaud de me souffler ainsi votre haleine !
Je ne tolère plus ta supériorité stupide batracien : ici, tu n’es pas roi pour moi et je défends que l’on insulte la pureté de ma douce Ophélia…

Claudius – Ecoute laideron : je préfère les araignées aux vers de terre, mais si tu insistes, je tire la langue et t’avales en quatre heure…
Je te suis supérieur ici encore : deux mots de plus et j’te bouffe.

Ophélie – Je suis morte de rire…
C’est de ça que je suis morte : de trop rire au fond de moi : il faut que ça se sache un jour !

Un bruit vient de l'océan...



A suivre...

mercredi 27 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Acte III, scène I, je m’excuse, Hamlet, mon amour.
Cela m’a jetée dans le puit où coulent mes pensées tristes depuis.
Je suis lamentable, déshonorée, sans vertu : déchue.
Je ne connais que l’enfer à partir de cette scène.
Des milliers d’heures à ressasser que j’aurais dû garder les battements de mon cœur jalousement contre tous :
Te suivre toi, mentir à tous ces « eux » qui voulaient perdre l’amour de mon cœur.
Foutus nous deux : toi dans les airs, moi sous la terre.
Ce premier drame qui joue encore la répétition de sa complainte m’a rendu conne mais conne !
J’ai honte d’avoir suivi les manigances de ces sombres abrutis qui te voulaient voir mort et loin du pouvoir.
Honte de ma soumission à la volonté d’un père, d’un frère et de ces reines et rois du mensonge.
Je n’avais pas lu les bons livres qu’on me gardait secrets.
Pas assez entendu  le retour de mes sens qui seuls ne mentent pas à mon âme.
Si ce qu’ils nomment Dieu, tous ces prophètes du temps, et qui est vraiment grand et infini et pur et vivant sous toutes pensées : il me donnera raison.
Mon amour, mon si pur amour, moi seule peux te rendre la vie : battre pour toi : tout ouvrir à la vérité : la chercher auprès de toi…
Enterrer à tes côtés tous ces spectres abandonnés dans leur détresse et ce qu’on nomme le pêcher : les ensevelir enfin sous la terre, nettoyés de leurs mensonges.
Je t’attends pour commencer une autre fois « il était… »
Alors l’histoire à nouveau sera la nôtre :
Et nous effacerons de nos vies toutes ces anciennes conneries pour refleurir le paradis.
Va porter ces nouvelles à celui que j’adore, bel oiseau :
Répand sur le monde la couleur de l’amour :
Messager à tire d’ailes :
Fait ton travail, je fais le mien…


      

Mardi 26 août 2008

18 08 2008

Après la fin du livre

Hamlet
Le théâtre que j'explore en 2008 n'est pas figé sur un plateau.
Ma voix ne se projette pas à l'extérieur.
Mon personnage na plus besoin d'enfiler des costumes.
Il est nu comme la chair intérieure.
Transportable à l'infini.
En tournée permanente.
C'est un nouveau théâtre pour de nouveaux acteurs dans un nouveau monde.
Nouveau corps de ballet nouveau mouvement : posé sur la chute du vieux monde.
Mon corps en est la scène : le plateau et la salle : l'éclairage : le décors : le partenaire : l'auteur : le livre et la lecture...
Il est ce Tout livré au public : cet autre Tout.


lundi 25 août 2008

18 08 2008

Après la fin du livre

Hamlet

Tout existe.
Dans nos crânes : Tout est là.
Les mouvements de la terre sur le temps sont inscrits dans nos os.
Notre cerveau est stratifié par ce Tout.
Dans le trou, toute décomposée que je suis, même fragment de poussière, même fictive entre les lignes : je suis Tout.
Je, oui, est ailleurs, mais partout.
Par Tout, mon coeur qui sait aimer m'a mise en vie.
Le temps sur lequel je me promène m'arrête ici : dans le puit d'un jardin très ancien : connectée à l'artère de l'infini tempo.
Je, m'inscrit dans un corps, oui.
Je, m'édifie petit à petit.
Envers et contre la mort.
Pour le plaisir de remourir en vie, sans soucis.
Je mêle en mes veines toutes les vérités.
Bactéries, batraciens, atlantes, mésopotamiens, nouveaux et futurs dieux, intégristes, cosmonautes, poussières d'étoile : tout le magma de la conscience me fabrique.






A suivre...                                                                                           © ZUZU

Dimanche 24 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet
Le chant des déesses me souffle la richesse du grand mélange.
Magie de la transformation : humour de l'évolution.
Elles gueulent leur rage de vivre à travers des becs d'oiseaux.
Elles hurlent en tournoyant moqueuses et chient dans l'air des bipèdes qui les ignorent.
J'aime bien les anciens cultes : déesses d'amour et dieux héros : des aiguilleurs d'humanité qui veillent toujours...
Ils sont ainsi posés par dessus le petit monde qui grouille à terre : enivrés de leurs vertus sacrées, poétiques en leurs âmes exaltées.
Des personnages en survivance qui germent la pensée de l'homme moderne du fond des mers, raz la terre, perchés plus haut vers l'éther.
Ils voient tout, entendent tout : bien vivants : comme des miroirs d'esprit pour témoigner auprès de nos cellules.
Leur silence me traduit.
Comme celui de papa Shakespeare qui m'incarne.
C'est ce silence-là qui gagne sur toutes les gesticulations humaines, n'est-ce pas ?



A suivre...

samedi 23 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Ophélie - J’entends souvent le chant des femmes de l’île de Sein*.
Elles parlent à travers les flots, mes sœurs de l’eau….
Quand elles me visitent : elles prennent un corps d’oiseau.

*L’île de Sein n’est autre que l’insula Sena des Latins.
Pomponius Mela, au premier sicle de notre ère, écrivait :
«  Sena se trouve dans la mer britannique. Elle est célèbre par l’oracle d’une divinité gauloise. Ses prêtresses sont sanctifiées par le vœu de virginité perpétuelle. On dit qu’elles sont au nombre de neuf. Les Gaulois les nomment Sènes. Ils pensent que, douées de pouvoirs exceptionnels, elles peuvent par leurs incantations déchaîner les flots et les tempêtes, se métamorphoser selon leur caprice en toutes espèces d’animaux, guérir les maladies incurables, connaître l’avenir et le prédire ; mais elles n’exerceraient leur art qu’en faveur des navigateurs qui s’embarquent dans le seul dessein de les consulter. »


                                                                                                                   © ZUZU
A suivre...

Vendredi 22 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Le soir tombe enfin sur ce divin jardin… Tout le jour le grand chambellan a couiné.

Polonius – Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire !

Ophélie – Faire bien dans l’instant présent dans le juste serait mieux
Que faire mieux dans le « coûte que coûte »…

Polonius - A l’ombre des pierres, traqué par les pies moqueuses, pauvre de moi : réincarné en ver de terre…
Moi qui rampais aux pieds d’un roi vers quoi ramper maintenant ?

Un affreux crapaud prisonnier d’une couronne se met à gueuler… C’est Claudius…

Claudius – Polonius !

Polonius – Claudius oh mon roi !

Claudius – Vite Polonius !!!
Cette affreuse couronne me pèse à présent. Trop lourde de sa ferraille, elle m’écrase : je ne peux plus bouger…

Ophélie est prise de fou rire…

Ophélie –Comme je rigole au fond du puit !
Fille de larmes où je pleure : il peut pleuvoir…
Vierge pleine de gouttes, je vous écoute.
Je suis contente !
Vous ne me croyez pas ?
Vous qui désiriez mon essorage dans cet autre livre !
Vos calculs pestilentiels furent le début de votre sècheresse…
Comme c’est drôle de vous voir ainsi !


                © ZUZU
A suivre ...

Jeudi 21 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Polonius s’est abrité sous un caillou à l’entrée du puit...

Ophélie - Si Papa premier dit Monsieur Shakespeare n’a jamais parlé de ma mère, c’est qu’il m’attendait pour le faire.
Je ne parlerai pas de celle qui s’est peut-être accouplée avec Polonius, personnage géniteur.
Mais de celle qui nous porte tous : les vivants : les morts : les personnages : les auteurs : les illustres et les gueux :
La grande mère.
Cette nourricière du ciel, aidée par le vent, elle qui nous berce pour l’infini.
Devant ce ver paternel, cette hormone de testostérone, je vais dire ma vérité,  nue.
En fille des éléments, j’ouvre la suite du livre pour y tracer l’histoire.
La : dans le Là : cette dimension du présent exactement : où je regarde : je cherche l’explosion.
Je vœux être en paradis : là : où mon je : est.
N’est-ce pas que j’y suis, dis, Rimbaud ?
Mon jeu : être un autre je dans l’éternité…
Toi Rimbaud : rayon de soleil sur mon personnage d'O
Livrée à ton regard : en arc en ciel : en voyage depuis…
Sur ton long fleuve noir j’ai erré jusqu’aux cieux.
« Je » est une lune près d’Uranus
« Je » est au fond de ce puit dans le jardin du paradis
« Je » est sur scène sous plusieurs poitrines
« Je » est un jeu qui s’écrit : je : explose à l’amour du jour qui se lève !


                                                                                                                 © ZUZU
A suivre...

Mercredi 20 août 2008

18 08 2008
Après la fin du livre

Hamlet

Ophélie – Voici mon père…

Polonius – Chair… Pardon.
Je reprends.
Chère… Oh pourriture de chair…
Pourrr i i i : je suis cela.
Je reprends.
Pardon.
Chère ! Oh ! Ma chair : je me sens ramper de partout…
Pour où ?
Comme un long cou d’un seul coup à terre et sans vertèbre…
Ver qui rampe ainsi aux pieds de la cour de re/création…
Où sont-ils alors tous ceux de la cour ?
Où est le roi ? Et la Reine,cette salope à l’enfant de salauds !
Je me souviens de tout : derrière le rideau…
Mes enfants ? Où sont mes enfants ?
Silence.
Qui parle mon cœur et ma langue ?
Silence.
Mais où suis-je ?
Comment retourner à la cour ?
Je suis un homme important !Tremblez tout autour ! J’exige réparation !
Silence.
Que ce fou qui m’a pris pour un rat autrefois se montre et m’affronte !
Je l’attends tout ver que je suis devenu.
Qu’on me jette son corps au jardin : que j’y entre : que je le bouffe :
Hamlet ! Tu étais prince dans la cour du vice…
Ton épée dans mes viscères travaille toujours à ma vengeance.

Ophélie – Et voilà : Ca recommence !
D’où je suis au fond du puit, j’entends, je devine les dépressions sur le jardin :
Les choses s’opposent dans la fatalité.
Vous êtes petit, mon cher papa et vous rapetisserez peut-être encore : jusqu’au microbe
Vous ne voyez rien : un ignorant du réel…

Polonius – J’ai faim ! Je vais te bouffer Hamlet !
Je t’attends ! C’est l’heure de la résurrection des corps !
Montre toi ! C’est le grand chambellan qui te parle…

Ophélie - Vengeur imbécile : tu ne vois pas que tu te feras bouffer par les pies, pauvre papa…
Pauvre petit vermisseau qui frétille encore la haine à l’âme…
Apprends ta vie de simple lombric : rampe : allez : rampe : viens par ici…
Polonius rampe…
Voilà. C’est bien comme ça. Viens près du puit, mon papa : je te parlerais de la pluie.
Dépêche toi, les oiseaux tournent : c’est bientôt l’heure du repas : viens près de moi : là : sous la pierre…
C’est bien comme ça.


A suivre...