mar 23 juin 2009

Mardi 23 juin 2009

23 06 2009

Elegie

Lettres à Ophélie
de cabace carnets-livres Fabriqué à la main

Certaines choses dans Hamlet, en écriture, sont des occasions de détruire la famille. Ces liens si étranges, de haine si lente, de plaisir à distance, ce cocon où s'éveille la frustration de ne rien posséder. Nous serons arrachés à la peau, nous crions hors de la connaissance pour apprendre à mourir.
Hier, j'ai erré sur le sentier des douanes : Une barque était envasée plus bas, des laminaires mis à sécher sur les dunes, au soleil sans vent, bourdonnaient de mouches. J'ai vue des sternes piocher des éclairs dans le clapot, s'en délecter d'un coup de bec,  se chamailler à l'horizon. Le paysage était de pierre, la proie, Ophélie, sera déchiquetée entre des éclairs. Tout l'horizon est une guerre, pour le ventre des femmes.
L'étrange obsession du sexe, nous sommes là, écrivant et soudain, cela s'empare de la chair, les idées deviennent chiennes, il y a l'intensité du manque, cela survient en désordre.

Une proie, tu vois de moi, toi : l'ensablé qui cherche le non mensonge.
Je les regarde avec toi ces bateaux dans la vase
Ta mélancolie déteint sur la pluie qui veut revenir ici
Peut-être l'orage qui guette : nous tous : la proie d'éclairs d'intelligence, n'est-ce pas que c'est la tristesse qui sera déchiqueté ?
A présent que tu sais mourir, tu peux me dire encore ?
Où visons-nous pour que la lueur de l'aube ne disparaisse avant la vision d'une écriture dégagée ?
Regarde moi, sois fier :
Je n'ai plus ni père ni mère ni aucun frère aucun lien. A présent que j'ai buté Hamlet je suis libre de te consoler.
Je n'ai pas faim d'aucune vengeance je ne suis contre aucune injustice.
Peut-être vais-je vivre en paix poète après poète ?
Et si tes mots sont bien ceux qui m'ont fait vivre encore, regarde-moi : entends : je suis mille fois plus libre maintenant.


© MCT ©La Fracture Numérique
Ophélie dans une épaisseur d'illusion-installation de Valérie de la chapelle et Marina Wainer