jeudi 30 avril 2009

Jeudi 30 avril 2009

30 04 2009

V I V R E

Il est une ville dans la ville où tous les chats sont bleus
Ils miaulent sous les pavés contre les bords de Seine
Ils miaulent et nous préviennent
Ils sont comme les reflets de piafs qui gueulent plus haut
Ce n’est pas toujours tendre les cris d’oiseaux
Les miaulements de chats bleus, oui, mais
Les hommes, ils croient que si les oiseaux piaillent c’est pour faire beau, mais
Non
Pas toujours
Parfois ils râlent contre tout
Les oiseaux
Et les chats ne miaulent pas sans rien dire
Ils récupèrent les cris pour tamiser la saveur du goût
Le son des choses qui ne s’entendent pas
Les croisements de chants qui montent aux cieux
Et les ronrons des flaques sous les pneus
Et mes jambes qui courent au milieu…
Mais
Il fait beau aujourd’hui
C'est une fête de saison : faites le, fête le:
Ce jour :
Faites l'amour au jour
Pour tous les faire ronronner, les chats bleus...


© MCT

Mercredi 29 avril 2009

30 04 2009

V I V R E


Je ne suis pas un être moral.
Je suis un être de vie et de mort multiplié par des milliers d’émotions sauvages.
Instinctive… Animale.
Le dégoût qui traverse mon corps face aux tentatives humaines sur les porcs me laisse idiote sombre et m’inquiète.
Alors, je sors, dans la rue, je vais regarder ceux de ma race, comme ils rient, comme ils marchent, comme ils sentent.
Je me pose la question de qui ils sont et s’ils me voient dans mon dégoût ?
Une grosse dame assise avec un gros manteau à poils synthétiques saoule sa gueule en terrasse, seule, devant une boîte de jazz. Je m’arrête.
Elle porte au visage tous les stigmates du dégoût qui n’appelle plus la morale…
Une grosse pute, vieillie, à faux poils, saoule comme une grosse cochonne, me demande une parole, un regard, l’attention humaine et une cigarette. Elle me dit qu’elle fait la pute, que c’est la pire des femmes et qu’un habitué radin et politique vient de quitter son nid…
Elle dit, qu’il lui a avoué ce soir-là, que les affaires vont mal à la bourse, qu’il faut fabriquer de l’argent et des mouvements, qu’il faut pousser à consommer des vaccins, comme des marchandises à vendre aux humains, que pour remonter le commerce ils ont inventé un virus de porc pour que l’argent circule librement…
Voilà, c’est sans hasard la vie : cette pute et moi nous sommes d’accord : c’est le dégoût certain jour.
Mais quand-même, vivre par-dessus.
Viser l’au-delà du dégoût pour nettoyer ça dans son âme.
Peut-être quand même devenir moral pour être un animal sain à défaut d’un humain.


© MCT