Philosophie des fluides
FEMME
Colère
La colère quand elle ne s’exprime pas, trouble le teint, dérange le foie et colore en moche tout ce que les yeux regardent.
C’est pourquoi il faut pouvoir la sortir de temps en temps.
Sur une plage, aux pieds des montagnes, au cœur de la forêt ou au milieu d’une plaine :
Qu’elle coure sans laisse pour se dégourdir les jambes.
Qu’elle se transforme et s’apaise…
Alors de la ville, je suis sortie. Dans la plaine, j’ai couru en traversant les arbres, en remontant les courants sous la pluie et le vent.
Enfin en regardant la montagne sous la lune qui souriait : j’ai crié :
Le pape est un vieux con qui radote des pensées putréfiées une marionnette diabolique qui distille la peur au cœur de l’humanité ! Vive l’avortement! Vive les homos ! Merde à la charité crétine ! Fuck la religion et tous ses clowns ! Tous dans le même sac ces mecs en robes longues ! Les barbus nous emmerdent avec leurs gesticulations hystériques ! Et la Mec est la foire de la foi ! Fuck les religions aux armes glacées qui taillent au cœur du vivant ! Fuck les bonnes pensées déguisées par l’avidité du diable en permanente invention... Bande de mous du gland ! Tous d’accord au fond du ventre : même les types à la kipa qui se cachent derrière les tabous de l’histoire d’un unique peuple élu : orgueil et aveuglement !
Fuck Fuck Fuck Fuck Fuck Fuck Fuck Fuck you !
Aucune lumière dans cette obscurité des gens du livre.
Arrêtez de me raconter des histoires c'est à dormir debout à mourir de vivre...
Alors, j’ai chanté et le soleil s’est levé.
Je me suis roulée toute nue dans la rosée il faisait froid c’était divin.
J’étais soulagée. Sans colère. Désolée…
Je ne suis pas de votre livre
Je suis une femme sans livre sans mot sans vous...
Et j’ai dansé…
Dévoilée.
Séparée de l’homme et du paradis.
© Jacques Perdigues