lun 18 aoû 2008
Mercredi 20 août 2008
18 08 2008Après la fin du livre
Hamlet
Hamlet
Ophélie – Voici mon père…
Polonius – Chair… Pardon.
Je reprends.
Chère… Oh pourriture de chair…
Pourrr i i i : je suis cela.
Je reprends.
Pardon.
Chère ! Oh ! Ma chair : je me sens ramper de partout…
Pour où ?
Comme un long cou d’un seul coup à terre et sans vertèbre…
Ver qui rampe ainsi aux pieds de la cour de re/création…
Où sont-ils alors tous ceux de la cour ?
Où est le roi ? Et la Reine,cette salope à l’enfant de salauds !
Je me souviens de tout : derrière le rideau…
Mes enfants ? Où sont mes enfants ?
Silence.
Qui parle mon cœur et ma langue ?
Silence.
Mais où suis-je ?
Comment retourner à la cour ?
Je suis un homme important !Tremblez tout autour ! J’exige réparation !
Silence.
Que ce fou qui m’a pris pour un rat autrefois se montre et m’affronte !
Je l’attends tout ver que je suis devenu.
Qu’on me jette son corps au jardin : que j’y entre : que je le bouffe :
Hamlet ! Tu étais prince dans la cour du vice…
Ton épée dans mes viscères travaille toujours à ma vengeance.
Ophélie – Et voilà : Ca recommence !
D’où je suis au fond du puit, j’entends, je devine les dépressions sur le jardin :
Les choses s’opposent dans la fatalité.
Vous êtes petit, mon cher papa et vous rapetisserez peut-être encore : jusqu’au microbe
Vous ne voyez rien : un ignorant du réel…
Polonius – J’ai faim ! Je vais te bouffer Hamlet !
Je t’attends ! C’est l’heure de la résurrection des corps !
Montre toi ! C’est le grand chambellan qui te parle…
Ophélie - Vengeur imbécile : tu ne vois pas que tu te feras bouffer par les pies, pauvre papa…
Pauvre petit vermisseau qui frétille encore la haine à l’âme…
Apprends ta vie de simple lombric : rampe : allez : rampe : viens par ici…
Polonius rampe…
Voilà. C’est bien comme ça. Viens près du puit, mon papa : je te parlerais de la pluie.
Dépêche toi, les oiseaux tournent : c’est bientôt l’heure du repas : viens près de moi : là : sous la pierre…
C’est bien comme ça.

A suivre...