HumourcontrehommeTu as vu ton visage ?
Il paraît qu’il commence à puer. Qu’il se met à suinter.
Il se trouve de plus en plus laid.
Il essaye de réparer, d’y poser des matières, des liquides et des courbes trafiquées par des mains pour des corps …
Il est laid. Quoi qu’il fasse. Il se défigure de lui-même par respect.
Il pue.
De toutes ses cavités, une odeur de pourrit s’échappe.
Une odeur particulière, une odeur loin de celle de la terre.
Ça lui échappe.
L’homme pue.
Il a beau masquer l’odeur, faire des efforts détruire ce qui suinte, laver avec de l’eau claire, il sent mauvais à l’intérieur.
C’est cette puanteur commune à tous les êtres qui fait d’un homme un homme.
Qu’il soit propre ou sale il est sale.
Qu’il ait du bon ou du mauvais, il pue quand même de tout le pu du monde.
De plus en plus dans le plus il va vers sa destruction.
Il est inculte et sourd aux histoires de sa nature.
Il laisse des traces derrière lui où qu’il passe.
Il est l’incarnation de la prétention.
L’homme est un pet foireux.
Un enfoiré de la création.
La fierté de Dieu.
Mais, oui l’homme peut aimer.
Alors ce qui pue se met à être l’odeur de l’amour.
Cela a beau lui déplaire quelquefois…
Il y retourne par devoir.
Il n’a qu’à se renifler un peu plus sauvagement le derrière pour se mettre à aimer l’amour.
Il pourrait tout de même avouer ses liquides, ses trous, admettre qu’il est ainsi fait.
De trous et de liquides…
Cela ne puerait plus s’il en avait conscience.
Il pourrait dire : j’aime l’odeur de ton sexe une nuit après macération des liquides de l’amour…
Au lieu de cela, il lave la preuve qu’il est puanteur et se fait croire qu’il est une image nettoyée gage de sa civilité.
Il pourrait observer le milliard d’insectes qui lui lèchent les organes nuit et jour…
Ces milliards de petites cellules vivantes qui le construisent qui le fabriquent, qui le mangent et qui lui chient dessus…
Des animaux sur son corps d’animal.
L’homme est un poème humoristique contre lui-même.
Mesdames et Messieurs, vous puez et vous n’êtes pas beaux et vous n’y pouvez rien.
Vous êtes ridicules avec vos faux visages en plastique, vos faux cheveux en nylon, vos fausses courbes prétentieuses.
Vous êtes ridicules car cela ne change rien à ce que vous êtes.
Dessous, ces fausses formes, vous sentez mauvais.
©Jak Jak