sam 26 juil 2008

Samedi 26 juillet 2008

26 07 2008

J’étais logée dans le crépuscule, j’attendais l’aube.
Seuls mes yeux regardaient, cherchaient, guettaient, persuadés de quelque chose.
Ils travaillaient silencieusement, s’ouvrant et se fermant.
Ils avalaient l’image de l’opaque.
Une faible lueur est parvenue dans mon cœur qui a battu un coup.
La faible lueur a scintillé ensuite, est devenue plus précise : un clignotant.
Quelque chose s’est mis à briller pour de vrai au fond du fond.
Mon cœur a battu deux coups.
Alors mon corps a commencé à se rassembler.
Au troisième coup, les vapeurs se sont dissoutes dans la chair qui enflait un peu.
La lueur s’étalait maintenant et devenait un horizon pâle.
La musique du fond de mes cellules est devenue audible pour s’échapper de mes ouïes.
Et un quatrième coup a frappé dans ce cœur qui vivait presque.
Au cinquième coup dans le cœur : l’eau pour échafauder les fondations de la féminité qui s’inscrivait ici, dans le crépuscule.
Face à mon devenir  : c’était l’aube.
Six coups : une large forme arrondie résultait de ma circulation.
Dans les creux, d’autres creux accueillant des trous par où passaient des spirales qui se régénéraient toujours dans mon cercle.
Des senteurs et des bruits se chargèrent de me rendre folle jusqu’à l’explosion du dernier coup.
Ce dernier me mit debout.
La rage a activé toute cette énorme masse que j’étais alors devenue.
Errer jusqu’au bout de cette lueur de l’aube.
Constater les couleurs, deviner les matières : pressentir. Inventer.
Le féminin aspiré par sa face masculine.
Un grand serpent qui cherche « l’extrémité » de sa queue pour se la mordre, absolument.
Engloutir, aspirer, recevoir sa semence.


©Jak Jak

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