lun 26 mai 2008

Lundi 26 mai 2008

26 05 2008

Papa Ier, dit M. Shakespeare... Mon géniteur... Mon papa...
Pas facile d'être une fille de !

Comme il est long le temps de cette reconnaissance-là : le père.
Sitôt évoqué, ce nom-là : que l’origine se pose dans un néant insupportable…
Où est-il ? Qui est-il ?
Notre père qui êtes aux cieux, que foutez-vous Bon Dieu ?
Quelle famille semez-vous ainsi ?
Le père est absent.
Le mot famille prend la valeur du mot religion.
Immédiatement.
Nous sommes tous les cobayes de l’invisible Père. Notre héritage au fond des âges…
Avec ou sans foi, croyance, calcul, bonté ou pourriture au cœur :
Nous sommes tous insupportablement posés sur terre sans nom, sans reconnaissance, dans un vide si grand et si féminin que seule la quête du père rend supportable.
Qui que nous soyons… Homme et femme… Père et mère… frères humains qui après nous vivrez…
 Nous sommes des êtres prêtés par l’ineffable pour un moment définissable par le temps écoulé dans une vie : Sans preuve de Lui : le père de toute cette viande reproduite ici : d’orgasmes en organes : entre les cuisses des femmes.
 Mon esprit est à lui seul un esprit.
Mon corps est simplement un corps.
Et mon âme découle sans doute de quelque chose…
Loin du corps de mes géniteurs : au niveau de leur âme et plus loin encore…
Un soleil qui donne la vie, le père ?
Un astre que l’on ne peut affronter de face ?
Un minuscule spermatozoïde dans une laitance éjaculée dans le fond de la mer ?
Dans la mère ??
L’humilité mêlée à l’orgueil de plus grand, sans doute.
Une opération magique, absolument.
Une présence divine, assurément.
Qui toujours est l’inconnu.
Un dépassement de notre petit être qui se vautre à terre de jour en jour jusqu’à la lumière… Le père est un Dieu qui rend Dieux ses enfants…
Simplement un Dieu. Evidemment. Juste cela.
Des Dieux qui enfantent des Dieux. Et tout le monde sait que la perfection n’existe pas.
Pas ici.
Un père est un Dieu regrettable comme tous les êtres et pourtant si nécessaire à la chaîne…


© Consuelo Zoelly