sam 19 avr 2008

Samedi 26 avril 2008

19 04 2008
Papa, mon cher Papa
Que je cause à rebours comme ça, en remontant les courants
Est-ce un désordre ?
Je regarde mon image qui se penche sur l’eau.
Où suis-je ? De quel côté du reflet ?
Plusieurs dimensions, mon prénom. Il raisonne.
Ophélie, comme une folle : j’entends le mot folie.
Je suis l’astéroïde 171, un objet céleste.
Je tourne autour de notre soleil. Je suis libre.
Les scientifiques supposent que je suis le résultat  d’un certain mouvement : fabriquée d’un reste du disque protoplanétaire.
Je ne me suis pas regroupée pour donner une planète pendant ma formation.
Un avorton de planète ? Un fantôme matériel ?
Je suis trop petite pour être observée à l’œil nu d’un humain.
Dans sa toile de fond, je suis trop peu lumineuse pour son regard.
Pourtant, je suis comme les étoiles qui brillent en son ciel.
La seule façon de me voir est de me chasser d’un regard contemplatif : prendre le temps.
Se poser la nuit, face au ciel immense :
Apprendre à voir les points lumineux qui se déplacent et se détachent du fond stable.
C’est ainsi que j’existe : je voyage parmi les sphères : noyée des eaux du haut.


© Thépaut/Poulin