samedi 19 avril 2008

Lundi 28 avril 2008

19 04 2008

Nous ici-bas : longtemps condamnée au fond du corps.
Actes d’amour étouffés.
Savons-nous ce que savent les fauves, les loups, les papillons, les minéraux, tous les étages de la création ?
Tout ce qui vit et qui cherche la même chose : l’équilibre.
Oui, pour vivre il faut avoir un corps : parole de noyée.
Oui, une vertu.
Je suis un être érotique féminin :
Une tentatrice tentée :
Promise impossible :
Peut-être raptée ?
Je suis le tiret (-) de Marie et Madeleine…
Off, je lie, je lis…
Off, elle lie. Entre les lignes, ma voix off lit.


© Thépaut/Poulin

Dimanche 27 avril 2008

19 04 2008
Des regards croisés me fixent encore sous mes paupières.
Jusqu’ici dans la mémoire, des sensations qui reviennent.
J’aime encore…
Mon cœur et ma peau le crient dans le vide, tout mon corps.
Je veux le dire au monde que je suis un être érotique : mon affirmation de papier.
Une vibration de la volupté : à la lisière de la souillure et de la vertu.
Juste au creux du paradoxe.
La cruauté du monde est le terreau de mon existence.
Le manque d’amour est la cruauté du monde.
L’amour manque d’ailes.
Elle lui manque.
Il ne peut vivre sans elle.
Sensuelle, sans ailes…

 
© Poulin

Samedi 26 avril 2008

19 04 2008
Papa, mon cher Papa
Que je cause à rebours comme ça, en remontant les courants
Est-ce un désordre ?
Je regarde mon image qui se penche sur l’eau.
Où suis-je ? De quel côté du reflet ?
Plusieurs dimensions, mon prénom. Il raisonne.
Ophélie, comme une folle : j’entends le mot folie.
Je suis l’astéroïde 171, un objet céleste.
Je tourne autour de notre soleil. Je suis libre.
Les scientifiques supposent que je suis le résultat  d’un certain mouvement : fabriquée d’un reste du disque protoplanétaire.
Je ne me suis pas regroupée pour donner une planète pendant ma formation.
Un avorton de planète ? Un fantôme matériel ?
Je suis trop petite pour être observée à l’œil nu d’un humain.
Dans sa toile de fond, je suis trop peu lumineuse pour son regard.
Pourtant, je suis comme les étoiles qui brillent en son ciel.
La seule façon de me voir est de me chasser d’un regard contemplatif : prendre le temps.
Se poser la nuit, face au ciel immense :
Apprendre à voir les points lumineux qui se déplacent et se détachent du fond stable.
C’est ainsi que j’existe : je voyage parmi les sphères : noyée des eaux du haut.


© Thépaut/Poulin

Vendredi 25 avril 2008

19 04 2008

Je cherche qui je suis.
J’écoute Papa Ier, il ne livre que certains mots.
C’est un mystère : qui suis-je ?
Shakespeare et les apôtres parlent d’une lignée d’hommes.
Où est ma lignée des femmes ?
Ces êtres en face des hommes qui fabriquent la race.
Absentes, vertueuses, sacrifiées, amoureuses, folles, méchantes, mortes : ultrasensibles women : pleines de mystères et de grâces : héroïnes shakespeariennes…
Ce n’est pas confortable : être femme.
Du pur drame, messieurs dames.


© Thépaut/Poulin

Jeudi 24 avril 2008

19 04 2008

Hamlet, un salaud ?
C’est à cause de ce salaud que j’ai glissé.
Suis-je vierge, moi ?
Suis-je vertu ?
Moi ?
Pas mieux que lui.
Nous tous dans l’erreur incommensurable.
Pas mieux que toi Hamlet, mon amour, pas mieux sous la plume de « papa I » :
Je n’ai pas su entendre.
J’ai écouté bêtement les conseils de mon frère, de mon père et tous les bruits de cour.
Trop conne, Hamlet, mon amour.
Tous les deux bien tristes nous sommes :
Cons et damnés.
Je te cherche pour te demander pardon.
Pour enterrer les fantômes avec toi, couper les fils et les attaches.
J’aimerais vivre l’instant près de toi : découvrir l’infini.


© Thépaut/Poulin

Mercredi 23 avril 2008

19 04 2008
Hamlet a choisi la haine, la folie, la simulation, la magie, la manipulation, la vengeance, le refus, sa maman, son origine nombriliste, son passé, sa lignée.
Toute sa peur enfouie m’a effacée : j’ai disparu.
Toute seule je suis morte. Sacrifiée, sacrifice, ciel !
On a écrit et écrit, on a consacré des vies pour écrire sur nous, et surtout sur Hamlet.
Un type, Jules Laforgue, dit qu’il s’est tiré avec une actrice… Une certaine Kate. Qu’il serait tombé amoureux.
Après moi ? Pendant moi ?
Si j’avais vue cette fameuse Kate qui jouait pour nous « le meurtre de Gonzague » me piquer mon mec, je n’aurais certes pas sauté de joie, mais, malgré la puissance de mes sentiments je n’aurais pas sauté dans l’eau.
Il faut l’entendre : je ne suis pas suicidaire.

 
© Thépaut/Poulin

Mardi 22 avril 2008

19 04 2008

Je n’oublie jamais ce Baroque d’où je viens.
Tout se déplace rien ne bouge sur la terre nous n’avons pas bougé nous sommes toujours à Elseneur.
Le lieu et le temps ne comptent pas : autre chose d’immuable actionne l’histoire des hommes et leurs évènements.
Ces mouvements touchent les astres en raisonnant.
L’ordre des choses.
J’écoute Purcell, c’est toujours aujourd’hui.
Merveille du présent :
Plus besoin d’orchestre pour l’écouter.
En boucle je le mets, dans mille versions.
Les sortilèges Shakespeariens sont toujours en cours :
Génies de tous horizons, gnomes, fées, sorcelleries divers et variées :
Au fond de chaque âme un peu : ça suit son cours.


© Thépaut/Poulin

Lundi 21 avril 2008

19 04 2008

Le temps est blanc très fort.
Des gris et des bleus sous la couche irradient une chaleur lourde.
Je vois des particules gigantesques et dangereuses autour de nos têtes et personne ne fait rien.
Ils disent : la pollution.
Ils continuent leur chemin très pressés.
Je me demande ce qui est si pressent et qui fait oublier tous ces engins qui traversent l’air ainsi ?
C’est effrayant.
Les oiseaux ont gueulé ce matin.
Ils insultent les hommes et les hommes leur souris en disant : qu’est-ce que c’est beau !
C’est une chose très humoristique que la nature de l’humanité en 2008.
Certaines valeurs me manquent.
Je suis en attente d’un moment de grâce de sacré peut-être ?
Pas le curé ou la messe, non, pour ce genre d’hypocrisies-là c’est plus confortable le XXI ème siècle.
Mais… Un moment comme ça :
Comme un surgissement vers soi :
Une échappée d’âme où elle se libère et se cherche plus haut.
Une communion avec le silence, peut-être ?
Les bruits sont violents, ici, fous, hystériques.
Mon paysage sensoriel bascule, j'ouvre une porte comme je ferme les yeux...


© Thépaut/Poulin

Dimanche 20 avril 2008

19 04 2008
Je suis moderne, je ne vais plus à l’église en 2008.
Ce n’est pas possible de supporter ça : cette hypocrisie.
La musique est devenue ridicule, sale et ennuyeuse.
A l’église, ce que je préfère, c’est l’église.
Pour elle même : un témoin encore debout.
Son ventre vivant : ses vibrations internes.
Le spectacle et la société de l’Eglise est un ramassi de gens pas très gais.
J’ai peur à l’Eglise : angoissée par la couche des douleurs sacrificielles et les glues des masses crasses, les pensées infernales.
Aux vèpres, les cloches sonnent faux. La voix des prêtres ne me parvient pas. Aucune passion ne m’attire. Je ne fais plus le signe de croix.
A la place, pour entendre la voix du plus haut, j’ouvre mon cœur à tous les mythes que je ne connaissais pas...
Pleine lune, ce soir....

© Thépaut/Poulin

Samedi 19 avril 2008

19 04 2008

La violence de la vie, quand les vieilles certitudes s’écroulent…
Bâtir, croire, projeter, construire et se tromper, s’écrouler, voir faillir les choses et puis repartir encore :
Croire ailleurs, toujours projeter, avancer, lâcher un peu des certitudes encore d’avantage pour grandir, s’éveiller et finir par savoir enfin qu’on ne sait pas :
Que vouloir savoir c’est finir par se mentir…
Marcher léger, le plus léger pour traverser la vie en vie…
Devenir la vie et lâcher les livres qui l’édictent : sauver sa foi.


© Messua wolff