mercredi 6 août 2008

Vendredi 8 juillet 2008

06 08 2008

Rêve.
Air.
Va faire tes courses en volant.
Prends une bouche avec toi et gonfle au fond du fond.
Fait de la place avec de l’air pour y poser tes secrets.
Tes histoires.
Tes mémoires entassées.
Prends tout qu’il faut prendre dans les rêves et ramène au diurne pour invoquer ton passé.
Ne te crois pas vivant.
Tu es mort.
Mort dans le temps.
Perdu.
Tu as bien le droit de pleurer puisque tu as tous les droits.
Des rires et des éclats de voix.
Des étreintes qui te collent à la peau pour toujours.
Ne parle pas de droit. Cela n’existe pas.
Ne parle pas de justice.
Dévisses.
Décloues toutes les planches et fais-en des arbres.
Nettoies les couleurs et fais-en des fleurs.
Invente.
Tu es tout le monde.
Tuer tout le monde.

Dans les bras des sortilèges, tourne les manèges.
Alchimise les blancs, fais en de la neige.
Tu sais tout.
Tu peux tout déchirer.
Déchires tes écrits.
Invente la vie.
Un vente et l’autre vie.
Ne vends rien, donne tout.

Jeudi 7 août 2008

06 08 2008

Merde.

Il faut être un peu grossier pour être vu.
Sinon tu peux pas passer les barrières.
Merde.
Merde.
Merde.
Mère.
Mer.
De.
Deux.
Je vous aime.
Il faut toujours laisser passer jetaime quand il veut sortir.
Il ne faut pas l’étouffer, ne pas le laisser mourir au fond des ventres.
Il y a des jetaimes qui se meurent dans les gorges par pudeur et puis tout s’éteint.
Quelque chose ne pardonne rien.
Déchirer.
Mauvais Dieu.
Rime avec terre, l’air, la mer, le vert, se taire.

Mercredi 6 août 2008

06 08 2008

Tous les livres sont des gens.
Plus ou moins lucides.
Toutes les lucidités sont des tournants.
Plus ou moins ceux des gens.
Parmi tant de fantômes, je préfère être dedans.
C’est rassurant.
C’est un mensonge qui est mon petit luxe à moi.
En réalité, je veux dire au fond de moi, je suis amour et douceur.
Je dirais même infinie douceur.
Mais en réalité…
Celle de tout le monde, je suis une emmerdeuse.
De vocation.
La réalité.
Ce mot est très mal écrit.
Il est mal placé.
Mal utilisé.
Si je le déchire, que je lie sa déchirure, il se transforme en verbe.
Et je peux enfin dire, je réalite de l’intérieur.
Ou bien tu me réalites toujours de l’extérieur.
Ça te choque de dire ça comme ça ?
Réalites-tu ?
Ce qui me choque, c’est que tout le monde réalite tout le monde de l’extérieur.
Et sois même aussi, de l’extérieur.
Fais ce que tu veux avec tes déchirures mais lucidifies quand même ton langage.

mardi 5 août 2008

Mardi 5 août 2008

05 08 2008

Il faut bien commencer par quelque part.
Peut-être dire je et tu et jouer au roman.
Autrement.
Toujours autrement.
Absolument.

Maintenant, le titre justifié.

Elipse Roman

J’ai déchiré les livres.
Pas brûlé, déchiré.
Aux déchirures, j’ai relu.
Tout était beaucoup plus clair.
Bien mieux écrit.
Je fais tout de moi-même.
Même les livres des autres.
Surtout ceux des prophètes.
Eux, ce sont les plus drôles.
Les plus simples aussi.
Je parviens à les déchiffrer dans toutes les langues.
Même les futures et toutes celles qui n’ont peut-être pas existé.
Si je ne fais pas comme ça, je ne peux pas lire.
Si je prends juste un truc en papier relié, je m’emmerde devant la signature et son auteur.
Je n’ai aucun respect pour aucun auteur.
De la passion, oui.
C’est comme un homme, un livre.
On le prend, on l’engloutit et on le digère au rythme que l’on peut.
Il peut s’étendre sur la vie entière ou s’oublier en un instant.
Le plus important étant de passer un moment.

lundi 4 août 2008

Lundi 4 août 2008

04 08 2008

Travers.
C’est tout en travers.
Vider de l’eau pour effacer les écritures.
Lire dans le trouble des mots.
Déchirer les livres.
Lire les déchirures.
Incendier les bibliothèques, éteindre le feu.
Lire ensuite tout ce qui reste autour d’un banquet.
Recommencer.
Changer de peau.
Voir au fond du fond.
Dans le fond, ce qui fond ce n’est que nous.
Nous-même.
La peau dégouline sur les os jusqu’à obtention d’une patte suffisamment rendue liquide pour passer les étapes.
Puis mourir, comme vous dites. Puis quoi ?
Des certitudes, peut-être ?
Peur ?
Encore ?
Mais de quoi bon dieu ?
Que dis-je… Mais de quoi avons-nous peur, mauvais dieu ?
Tu vois bien qu’il faut déchirer les expressions.
D’où qu’il est bon dieu ?
T’as pas vu ?
T’as pas compris ?
Mais d’où que viennent tous ces mensonges ?


Dimanche 3 août 2008

04 08 2008

Faites de l’opéra.
À l’envers.
Image innée.
Imaginez.
Traversez tout de travers.
C’est… À l’envers.
Des petites clochettes, des petits chuchotements où il y a tout dedans.

Videz vos placards des ordures que vous entassez.
Faites envoler les ordures.
Détruisez les écritures.
Ne gardez que les écrits.
Putain au teint de pue, ne racontez plus d’histoires aux enfants.
Nous sommes des putains, nous le savons bien.
Emmenez la douceur jusqu’au bout.
Qui est au bout de vous ?
Qui êtes-vous ?

samedi 2 août 2008

Samedi 2 août 2008

02 08 2008

Une petite voix qui grandit et devient immmmmmmmmense
Elle couvre le vide et inscrit des sons, des chemins, des déroulements qui continuent de grandir et de construire.
Des mystères pour unique réalité.
De la neige et des torrents.
De l’acide qui coule des gens.
De la peur, de la peur, de la peur.
Ne pas cacher la peur.
Prendre la peur et bien l’attacher à soi au milieu du vide.
C’est tout ce que l’on possède.
L’autre, l’amour, il faut le laisser libre.
Il faut qu’il invente encore.
Je vous supplie de toutes mes forces :
Attachez votre peur.
Gardez-la pour vous.
Je vous conjure de laisser aller votre amour.
Vous n’avez que cela.
Tout le reste est mensonge.


vendredi 1 août 2008

Vendredi 1 août 2008

01 08 2008

Par le must enchanté de la terre dérangée
Ecouter la musique Ténébreuse qui coule sous le flot des pressions
Sanguines à venir témoigneront de destruction sous la mine
Des mains traçant un dessein.

Créa créer croire que boire régénère et pleuvoir nettoie
Abuser de casser
Défaire
Détruire

D’échappées envolées les fumées de l’esprit-panique est blessé
Le sol qui engloutit la honte
Qui a englouti la honte
Qui toujours englouti, la honte

Guerre aux mondes
Aux clandestins mondes poussières qui remontent pour chercher le prochain qui déjà se meurt
Déjà…
Dès qu’il commence, il est en train de finir.
Dès que j’arrive, je repars.
La guerre n’est pas à l’intérieur
Elle est autour.
Attention à ce qu’elle ne devienne pas dedans.
Qui est dedans ?
Nul ne l’a encore compris, sinon…
Des rires ne seraient pas les enfants de l’exil.
Des bouches ne seraient pas le fumier du vide.
Le son aurait avec l’odeur, le visage de l’humain.
Mais le plastique couvre comme un scotch la paroi de l’œil qui perd tout son temps à cligner.

Et moi je suis émoi car je le veux bien.
Je le sens bien que tout meurt en cheminant sur le temps.

Je dois vous dire mes amours 
Avant que de partir ayons recours à la vie.


 

jeudi 31 juillet 2008

Jeudi 31 juillet 2008

31 07 2008

Un pavé sur un corps éclaté
Rouge la rose du sang piétinée par d’infâmes égouts recouvrant
La plaine et les villes de ses fumées acides qui suintent
Au rythme de la peur des hommes abandonnés.
Quelle sera la putain de quel roi qu’elle sucera bien au point
Qu’il deviendra serein et ferme pour entrer au cœur et refaire
Tout le Parcours par cœur…
Écoutez les ronfleurs…
Mourir de peur……
Des…
Flambeurs

Périmés d’abandons successifs amassés par-delà les abusifs
Succédés et passifs les excédés ont presque succombé au vice
Dans le vide un faible battement résonne
Preuve que le vif encore pardonne
Pardonne ou perdure ?

Fonte des cœurs chargés de glaciers
Sous le marteau des Piqueurs agressés par le néant d’idée
Travailleurs insoupçonnés de l’ombre
Piquent et plantent au Ventre du gelé
Par don et par sueur par venir à rester
Une perle échappée conjure un sort en déploiement constant
Relever et taillader dans le bourbier
Élever même fatiguée, l’âme
Inventée du divin.


©Jak Jak

mercredi 30 juillet 2008

Mercredi 30 juillet 2008

30 07 2008

Bleu comme une orange en feu qui va éclater pour changer la Couleur
Il ne faudrait pas qu’elle vire au rouge sang
Qui coule en masse et s’entasse dans les rues
Comme une larme qui ramasse les poussières de joues
Qui Brûlent sous le piquant du gel.
Le gel comme le désert recouvre de silence les plaines et les Villes
Avec des humains dessous qui se couchent au sol pour Laisser faire.
Ils se couchent pour se faire
Tout plats tout petits tout morts et tout pas beaux
En larmes.
Tremblant de honte et de peur tout pas fiers de ce néant D’idées.
Armés de courage peut être une Jeanne ou un juif errant
Qui Cherche à s’incarner dans une légende ?
Une belle parole est-elle par-là perdue ? Où ça ?
Dans les eaux du Gange ?
Un petit corps d’ange repu et nageant
En souriant du bon pas de Bouda ?
Mais où sont les hommes ?
Ceux qui faisaient de belles lettres arabes qui formaient avec
L’encre en or des poèmes d’amour pour
Ces femmes aux corps voilés d’érotisme chaud comme un sable Brûlé ?
Avec des hanches qui roulaient seules les tambours de la guerre
Aucun serpent ne fait sonner sa queue de pique en pomme d’Adam pour insuffler l’idée …

mardi 29 juillet 2008

Mardi 29 juillet 2008

29 07 2008

Je me sens mourir et ressusciter.
Les mains en avant débordante
Je viens vers toi
Je marche tout droit.
Au travers le futile
Je passe
Mes gestes guidés à présent par la magie du monde sont lents, si lents…

J'ouvre les yeux et je vois
Le sang qui suit son chemin à travers tes veines pour faire battre ton coeur.
Là, cachée dans la source, je reste.
Je ferme la porte et je m'en vais où le ciel nous emmène.
Bien loin.

lundi 28 juillet 2008

Lundi 28 juillet 2008

28 07 2008

Tout est silence.
Rien ne bouge autrement.
Que le temps qui écoule le mouvement.
Irrémédiable.
On ne revient pas en arrière.
On avance…
C’est devant que la suite se déroule.
Passe-moi de l’eau sur le visage …
L’eau pour me désaltérer :
Pour commencer la vie.
Ça gueule du matin au soir la vie.
Ça s’agite pour faire pleuvoir quand il fait chaud :
Pour que le Soleil nous sèche quand la pluie nous a noyé :
Pour faire pousser.
Ce mouvement éternel…


©Jak Jak

dimanche 27 juillet 2008

Dimanche 27 juillet 2008

27 07 2008

Soudainement, sous la lumière, un temps nouveau.
Un coup a vibré à un moment, au début de mon cœur.
Mes yeux t’ont regardé calmement.
Tu dormais sur un sol de sable qui grignotait ta chair de sa « brûlance ».
Ta chair comme bouffée par le sel de la mer.
Je possédais son eau et tu avais son sel.
Il suffisait que je t’en verse un peu pour que naisse un océan.
Je le compris.
Dans ce sable chaud, près d’un puit vieux comme le monde, s’est déroulée l’histoire du premier homme et de la première femme.
Tels sont presque les mots de la bible.
Il n’y avait ni pomme, ni serpent, ni jardin, ni Dieu.
L’unique fruit qu’il m’a semblé exister était celui qui se tenait brûlant entre mes jambes et cette conscience du serpent que je devais retrouver afin de le mordre absolument.
Cet étrange chemin qui m’était prescrit…
Je me suis approchée.
Cela a certainement duré quelques milliers d’années.
Le féminin se rapprochant du masculin.
Je ne pourrais jamais me débarrasser de toi.
Nous ne pourrons jamais nous défaire.
Mais il est temps que mon règne vienne.

©Jak Jak

samedi 26 juillet 2008

Samedi 26 juillet 2008

26 07 2008

J’étais logée dans le crépuscule, j’attendais l’aube.
Seuls mes yeux regardaient, cherchaient, guettaient, persuadés de quelque chose.
Ils travaillaient silencieusement, s’ouvrant et se fermant.
Ils avalaient l’image de l’opaque.
Une faible lueur est parvenue dans mon cœur qui a battu un coup.
La faible lueur a scintillé ensuite, est devenue plus précise : un clignotant.
Quelque chose s’est mis à briller pour de vrai au fond du fond.
Mon cœur a battu deux coups.
Alors mon corps a commencé à se rassembler.
Au troisième coup, les vapeurs se sont dissoutes dans la chair qui enflait un peu.
La lueur s’étalait maintenant et devenait un horizon pâle.
La musique du fond de mes cellules est devenue audible pour s’échapper de mes ouïes.
Et un quatrième coup a frappé dans ce cœur qui vivait presque.
Au cinquième coup dans le cœur : l’eau pour échafauder les fondations de la féminité qui s’inscrivait ici, dans le crépuscule.
Face à mon devenir  : c’était l’aube.
Six coups : une large forme arrondie résultait de ma circulation.
Dans les creux, d’autres creux accueillant des trous par où passaient des spirales qui se régénéraient toujours dans mon cercle.
Des senteurs et des bruits se chargèrent de me rendre folle jusqu’à l’explosion du dernier coup.
Ce dernier me mit debout.
La rage a activé toute cette énorme masse que j’étais alors devenue.
Errer jusqu’au bout de cette lueur de l’aube.
Constater les couleurs, deviner les matières : pressentir. Inventer.
Le féminin aspiré par sa face masculine.
Un grand serpent qui cherche « l’extrémité » de sa queue pour se la mordre, absolument.
Engloutir, aspirer, recevoir sa semence.


©Jak Jak

vendredi 25 juillet 2008

Vendredi 25 juillet 2008

25 07 2008

Quelque chose d’absolument féminin se prépare.
Un « déformement » lent est en train de s’accomplir.
Une des deux force est en train de changer l’ordre.
L’un et l’une : Y retourner, se revoir. Face à face.
Depuis l’homme, rien n’a plus existé.
Rien d’autre n’a régné en l’homme, que l’homme.
Elle n’est pas montée sur le trône. Elle n’a pas gouverné.
Elle s’est à peine dévoilée dans l’ombre de l’histoire.
Les forets, les dunes et les bûchers lui ont servi de royaume.
Dans l’ombre, toujours dans l’ombre. Tapis dans cette matrice de chimères.
Tenue morte par l’ignorance des âmes débutantes. 
Le génie est un homme.
Il retourne le monde et le féconde en se regardant dans le miroir.
La lecture de ce miroir est une femme.
Un soleil avec une lune. Une glace qui renvoie le feu.
Cette nuit deviendra féconde. Le temps n’existe pas…


©Jak Jak